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Article de nouvelles

2019.10.24
Waneek Horn-Miller intronisée au Panthéon des Sports Canadien
(Photo : CBC Sports)
 

(24 octobre, 2019 – Ottawa, ON) - Waneek Horn-Miller est entrée dans l’histoire en devenant la première joueuse de water-polo à être intronisée au Panthéon des Sports Canadiens. La communauté sportive canadienne s’est réunie, hier soir, au Metro Convention Centre de Toronto afin d’honorer plusieurs athlètes exceptionnels notamment Alexandre Bilodeau, Martin Brodeur et Jayna Hefford. Au moment de recevoir cette distinction, Horn-Miller a remercié ses coéquipières et elle a rappelé l’importance d’offrir des opportunités à la prochaine génération.

« Cet honneur m'est venu comme une sorte de réalisation semblable à d'autres moments importants de ma carrière. Je me souviens du sentiment de participer aux Jeux olympiques, d’avoir participé à mon premier match, d’avoir marché sur la passerelle et d’avoir réalisé mon objectif. Après tout ce que j'ai vécu, cette intronisation vient simplement accentuer le fait que j'ai eu l'occasion de le faire, j’ai eu la chance de jouer au water-polo. Je me souviens de ces moments où j’ai voulu abandonner, et je pensais aux personnes qui n'avaient pas eu les mêmes opportunités que moi. Cela représente en quelque sorte la réussite, et bien sûr, il ne s’agit pas que de moi, une partie de cet honneur revient à mes coéquipières. Je suis excitée de voir ce que ça aura comme effet dans le futur. »

Membre de la Nation Mohawk de Kahnawake au Québec, Horn-Miller est une militante de longue date pour les droits des autochtones. À l'âge de 14 ans, elle se retrouve en plein cœur de la crise d'Oka, où elle est poignardée alors qu'elle participe à une manifestation contre le développement immobilier sur des terres sacrées. La crise d’Oka a changé la vision de Waneek Horn-Miller et elle est devenue encore plus déterminée à poursuivre ses rêves sportifs. À ce moment, Waneek a canalisé tout son énergie et son instinct de compétition dans le water-polo.

« Ma mère avait compris bien avant notre naissance qu’être autochtone au Canada amenait un stress supplémentaire et qu’on naît avec une identité politique. Elle voulait s'assurer que peu importe à quel point nous poussions et jusqu'où nous poussions, nous pourrions y arriver. Nous avions besoin d'un endroit pour évacuer notre stress, nous avions besoin de concentration et surtout d'acquérir des compétences pour nous en sortir. Et c'est ce que le sport a fait pour moi. Ainsi, au moment où je traversais un état de stress post-traumatique, tout cela me permettait de retourner au water-polo et de tout donner dans mon sport. J'ai été capable de mettre toute ma frustration, ma colère et ma tristesse dans les entraînements, puis de retourner dans une équipe qui m'aime. "

En tant qu'athlète, Horn-Miller était connue comme une combattante dans la piscine : elle surmonta plusieurs obstacles et devint une pionnière sportive à plusieurs niveaux. Elle a été co-capitaine de l'équipe canadienne aux Jeux olympiques de 2000 à Sydney. Cette année-là, Horn-Miller et l’équipe canadienne féminine de water-polo sont passées à l’histoire lorsque le water-polo féminin a finalement été ajouté au programme olympique. L'équipe a fini 5ème lors des Jeux et Horn-Miller a été la première femme mohawk du Canada à participer aux Jeux olympiques.

Pour Waneek, l'un des meilleurs souvenirs des Jeux a eu lieu lors du premier match contre la Russie. « J'ai levé les yeux dans la foule au début du match et j'ai vu ma mère pleurer. Ma première pensée a été : « Oh, mon Dieu ! Quelqu'un a été méchant avec ma mère. » Après le match, je suis allée la voir et à ce moment-là, elle ne pleurait plus. Alors, je lui demande « pourquoi pleurais-tu ? » Et elle m’a dit : « Quand tu avais huit ans, tu m’as dit que tu voulais aller aux Jeux olympiques, et je t'ai promis que je ferais tout ce que je pourrais pour t'aider. Lorsque l’équipe est sortie et que j’ai réalisé que vous atteigniez votre objectif, je me suis souvenue de tous les moments où je ne pensais pas pouvoir tenir ma promesse - quand nous n'avions pas de nourriture, pas de chauffage. Il y a eu des moments où j'ai presque dû dire que je ne pouvais pas le faire. Quand je t’ai vu ici, j'étais fière de moi en tant que maman. » Ce moment avec ma mère demeure une des plus belles expériences. Mon meilleur souvenir des Jeux olympiques, c'est d'avoir aidé ma mère à être fière d'elle. »

Vingt ans plus tard, l’équipe canadienne féminine de water-polo s’apprête à revenir aux Jeux olympiques. Waneek Horn-Miller est ravie de voir cette génération de joueuses vivre leur rêve olympique à Tokyo 2020.

« Lorsque vous pratiquez un sport comme le water-polo ou n’importe quel sport d’équipe, la diversité est une force et non une faiblesse. Vous avez besoin d’athlètes de divers horizons, qui pensent différemment, plutôt que toutes pareils. Je pense que ce que nous avons pu faire en tant qu’équipe, pour nous rendre aux Jeux olympiques cette première fois, c’est montrer comment on peut embrasser la diversité, à condition d’avoir un objectif clair et un plan de match. »

Horn-Miller espère que son intronisation ainsi que ce retour aux Jeux Olympiques encouragera plus de jeunes filles à essayer le water-polo ; un sport qui a changé la vie de Waneek.

« J'aimerais voir plus d'enfants jouer au water-polo parce que c'est un sport unique. Je suis tombée en amour avec ce sport. J'aimerais voir une croissance du water-polo à travers le pays. J'adorerais voir des centaines, voire des milliers de jeunes jouer au water-polo. C'est ce que je veux. Je vois ce qu’ils font ailleurs dans le monde et nous devons voir le sport non pas comme un passe-temps, mais comme un élément fondamental du développement des jeunes Canadiens.

Pour ce qui est du futur, la nouvelle intronisée compte bien continuer à travailler afin d’atteindre ses rêves en espérant un jour faire une différence.

« Je vais continuer de faire entendre ma voix et d’utiliser ma tribune afin que la prochaine génération ne vivre pas avec les mêmes problèmes sociaux. Je crois que le Canada a besoin d’un plan, particulièrement dans les communautés autochtones. Nous devons continuer à être actif et à pousser ses enjeux au niveau politique. En pensant aux 19 dernières années, le chemin que j’ai choisi a été très excitant, mais controversé et difficile. Mes actions auprès de Water Polo Canada lorsque j’étais dans la vingtaine ont été difficiles, mais à ce moment-là, ces problèmes se devaient d’être résolues. Maintenant, alors que je renoue avec Water Polo Canada, j’ai l’impression que la boucle est bouclée. »

 
 
 
 




 
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